La série des cassettes
Cette série d’installations explore la cassette audio comme support matériel, mécanique et instable. Des lecteurs modifiés mettent en mouvement des bandes magnétiques disposées en boucles ouvertes, dont le passage, la friction et l’usure transforment progressivement les sons enregistrés.
À travers différentes configurations, ces œuvres mettent en relation des paysages sonores, des dispositifs électroniques fabriqués à la main et un réseau de haut-parleurs répartis dans l’espace. Chaque présentation devient une nouvelle variation de la série : les sons, les mécanismes et l’architecture du lieu s’assemblent pour former un environnement d’écoute fragile, en mouvement constant.
Biophonie des marais – 2026
Écosystème sonore formé d’un collage d’enregistrements en nature sur cassettes altérées en continu. dans des douches sonores, où le désir de conserver des traces se mêle à l’altération mécanique et à la fragilité des milieux traversés par l’activité humaine.
L’installation déploie ces sons à travers plusieurs haut-parleurs et douches sonores suspendues, qui créent des zones d’écoute localisées. Le public est invité à se déplacer entre ces différentes sources et à recomposer le paysage par sa propre trajectoire. La matérialité visible des bandes, leur fragilité et leur usure contrastent avec le caractère enveloppant de l’environnement sonore.
Développée avec le soutien d’Avatar, Biophonie des marais a été présentée dans le parcours d’installations sonores du Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV).


Nocturnes électronique – 2024–2025

Nocturnes électronique est une installation sonore composée de lecteurs de cassettes modifiés, de bandes magnétiques mises en boucle et d’un réseau de haut-parleurs répartis dans l’espace. Libérées de leur boîtier, les bandes circulent à travers des dispositifs mécaniques apparents. Leur mouvement, leur friction et leur détérioration graduelle participent directement à la composition sonore.
L’œuvre s’intéresse à la fragilité des technologies analogiques et à leur capacité à conserver, altérer et rejouer des fragments de paysages. Les sons enregistrés se transforment au contact du dispositif et du lieu, produisant un environnement d’écoute vivant et instable.
Présentée au Festival d’art sonore de l’Abbaye par Excentrer, l’installation a ensuite été retravaillée à la Charpente des Fauves. Ces différentes présentations ont permis d’en faire évoluer la mise en espace, les mécanismes et la circulation du son.
Autres installations
Trompe-oreille – 2024 , collectif Tant Pis!
Réalisée en duo avec Pierre-Gabriel Bussière (collectif éphémère Tant Pis!), Trompe-Oreille est un laboratoire expérimental sonore et interactif. L’œuvre prend la forme d’une scénographie d’appartement dans laquelle le public est invité à circuler, à manipuler les objets et à actionner les différents dispositifs sonores.
Dans un esprit de curieux et ludique, nous explorons la relation sonore entre la nature et le synthétique, en juxtaposant des sons issus de ces deux univers afin d’embrouiller les frontières qui les distinguent.
Par divers procédés de manipulation sonore, des mécanismes raboutés, des traitements numériques, de la programmation électronique et des captations en direct, les artistes créent un jeu d’altération, de reproduction et d’imitation des sons. Chaque manipulation contribue ainsi à transformer l’environnement sonore, dans une expérience à la fois contemplative et participative.
Les herbes hautes – 2023

Les herbes hautes est une installation sonore conçue comme un espace de détente et de méditation. Le public est invité à s’asseoir dans une chaise berçante et à activer l’œuvre par son propre mouvement.
L’installation explore l’inversion des échelles de proximité du son. Les sons intimes produits par la personne qui se berce sont captés et diffusés dans l’ensemble de la pièce, devenant audibles pour toutes les personnes présentes. À l’inverse, un paysage sonore naturel est transmis par une douche sonore localisée : seule la personne assise dans la chaise peut l’entendre pleinement.
L’œuvre renverse ainsi les rapports habituels entre écoute privée et écoute collective : l’intime se propage dans la pièce, alors que le paysage extérieur se replie autour d’un seul corps. Par ce renversement, Les herbes hautes transforme un geste simple et répétitif en expérience méditative, à la fois personnelle et collective.



